La vie en van, c’est super, c’est tendance, mais est-ce cohérent avec des choix écologiques, est-ce cohérent avec le monde qui vient ?

 

Doit-on se sentir mal de conduire un véhicule ?

Peut-être, tout comme on devrait se sentir mal de voyager et d’acheter de la nourriture produite et distribuée dans des supermarchés, tout comme on devrait se sentir mal d’avoir une connexion internet, d’acheter des trucs neuf.

Passer au mode nomade, c’est surtout pour se développer, parfois se re-construire, afin de, plus-tard, se ré-installer de manière plus humaine.
J’ai acheté mon van en Octobre 2019, (9 mois par rapport à l’écriture de cet article). Pour l’instant, je me limite à un plein par mois, c’est-à-dire 1000 km. Je ne me déplace que si j’ai besoin et j’essaie d’intégrer des étapes s’il s’agit d’un gros trajet. Et pour les plus petits trajets (<10km), j’ai un vélo pliable à l’arrière.

Si je sais que je prévois un gros trajet qui va me faire dépasser mon budget le mois d’après, j’économise des km sur les autres mois.

Mon véhicule consomme 8L/100km, ce qui est équivalent à un monospace de famille, contrairement aux camping cars qui peuvent monter jusqu’à 15L/100km.

Au final, ça dépend toujours du bilan à la fin de l’année, de là où on est prêt à se fixer une limite de conforts et de nos choix personnel. Même si je ne sais pas combien de temps je profiterais du van, je suis content de mon choix jusqu’à aujourd’hui.

Les problèmes ont-ils commencés avec la sédentarisation ?

Dès l’instant que nous venons sur terre nous polluons, c’est un fait. En en étant conscients, nous pouvons gérer cela et à l’opposé agir pour compenser. 

Les premières pollutions sont apparues lorsque que les hommes ont accumulé de grandes quantités de déchets sur un même lieu. A vous de voir.

L’écologie

(+) Le positif avec un van

Déjà, il est bon de rappeler que le van n’est pas juste un véhicule, c’est aussi une mini-maison. Il n’y a donc pas eu besoin de construire une grosse maison. Elle est achetée d’occasion, et dure très longtemps.

 

1) Je fais moins d’aller-retour en général, puisque je n’ai plus besoin de « rentrer chez moi le soir »

(« A -> B -> A -> C -> A »  *VS*  « A -> B -> C »)

2) Ce n’est pas le moyen de transport lui-même qui a le plus gros impact mais la façon dont on utilise ce moyen de transport. Si le van se déplace une fois tous les 3 mois, pour faire moins de 100km, l’impact sera vraiment minime comparé à un salarié qui prend sa voiture tous les matins.

3) Il est possible d’avoir un impact positif en rencontrant du monde. Pour ma part, je cherche avec En’Jeux Communs à déployer une solution qui va sensibiliser ou inspirer plus de monde, donc je cherche à réduire aussi le bilan carbone dans les lieux que je traverse.

4) On fait tout de suite beaucoup plus attention à sa consommation en eau, en électricité, en gaz et aussi en espace. Il devient beaucoup plus difficile d’assumer un nouvel achat, quand il n’y a pas la place dans le van. On diminue naturellement sa dépense en électricité lorsqu’on produit soi même son électricité. A l’échelle nationale, déployer une grande masse de panneau solaire est douteux (ou peut être débattu en tout cas), mais au niveau individuelle, c’est très émancipant et responsabilisant.

5) Je ne connais pas mon impact lorsqu’il est caché derrière « le système ». Quand j’achète un panneau solaire, je suis conscient de l’impact qu’il a, et je peux faire des choix de vie en conséquence.

6) L’accès à un réseau de solidarité et des rencontres extraordinaire.

 

(-) Le négatif

> La combustion du carburant, et donc l’impact sur le climat

> La plupart des vans et fourgons à des prix accessible sont au diesel, il faut donc aussi prendre en compte une pollution sanitaire (micro-particule) en plus du climat.

> Le temps de conduite, du temps que l’on ne passe pas sur autre chose.

Les chiffres

> Eau, baisse de consommation, environ 100l / 2 semaines (2-3 douches, vaiselle, cuisine ..etc), sans compter l’eau utilisé hors du van (restaurants, chez les amis, chez les parents…etc)

> Gaz, je n’ai pas eu à changer de bouteille de gaz depuis l’achat (Il y a 9 mois)

> Electricité (1 panneau solaire de 100w, extrêmement faible mais suffisant), Un panneau solaire rembourserai sa « dette énergétique » entre 6 mois et 4 ans.  Vérifions. Il faut 150 kWh/m² pour produire le panneau solaire, avec 71,55g d’équivalent CO2 / kWh (si on se base sur émission du pétrole par kWh, 830 Kg EqCO2 / 11600kWh), et 2m2 de panneau, donc un total approximatif de 21,46Kg eqCO2 pour la production (71,5 * 150 * 2). Et ma consomation de 0,1kWh, donc je rembourse mon panneau en 0,1kWh * 12g, disons 10h par jour, donc j’économise 12g eqCO2/j, donc 21 465g / 12g = 1789j = 4,9ans pour rentabiliser un panneau normal (trèèèès approximativement)

Sachant qu’il était déjà installé lorsque je l’ai acheté, donc le panneau est là depuis 13ans.  Leur durée de vie optimale est estimée à environ 25 ans, période au cours de laquelle au moins 80 % de leur puissance initiale est garantie. 

> Chauffage, clairement moins que dans un appartement, et il n’est allumé que quelques heures par jour en hiver.

> Transport, le van fait environ 1,8T, Consommation du van 8L/100km, cuve de diesel de 80 litres, je me limite à 1 plein / mois, donc max 1000km / mois, donc 12 000km / an, c’est un véhicule de 2007, émission de 148g CO2 / Km. Donc, 12 000 * 148g = 1776 Kg CO2 / an.
Sans compter que je ne prend plus l’avion, et que je peux me garer plus proche de mon lieu de travail ponctuellement, moins d’aller retour.

> Le matériel dans le van, qu’il à fallu produire

> Economie / Porte-feuille pas de loyer (sauf camping si envie), environ 120€ d’essence par mois + 75€ d’assurance, quelques travaux

> L’impact de mon travail, J’ai moins besoin d’argent, donc j’ai moins besoin d’un travaille rémunéré, donc je pollue moins (encore plus ayant travaillé dans le milieu de la finance, très polluants). A l’inverse, aujourd’hui l’impact de mon travail est positif, entre la mise en lien, l’accompagnement, la sensibilisation …etc (Pourquoi ?)

> Alimentation / Nourriture, je pense pouvoir être autonome 1 mois en rationnant, 3 semaines en mangeant pas très équilibré, 2 semaines en ayant souvent le même goût, une semaine et demi en étant « assez équilibré ». Depuis ma reconversion et ma transition, je cuisine plus (j’ai plus de temps), et je consomme moins de viande en général. Et enfin, je n’ai pas de micro-onde dans le van, donc pas de tentations.

> Déchets, je reste en France, donc j’ai accès au tri-sélectif, au vrac …etc, la matière organique et le mini-compost peuvent aller directement dans la nature (ou dans le compost d’un copain).

Je suis encore dépendant pour l’eau, mes poubelles, les toilettes, mon linges, mon gaz (chauffage et cuisine) et évidement, la nourriture.

L’effondrement

Est-ce qu’un van est compatible avec la résilience et l’effondrement ?

[+] Autonome en électricité

[+] Je me déplace avec ma maison et mes affaires

[+] Aménager un van, c’est apprendre à bricoler, à gérer : eau, gaz, électricités, isolations et habitats …etc

[+] Quasi autonome en eau, plus une forte réduction de la consommation en général.

[+] Pouvoir se déplacer c’est pouvoir survivre

[+] Rencontrer et expérimenter plus, c’est apprendre plus, c’est plus de chance de survie

[+] Se faire des amis partout en France, c’est plus de liens, c’est plus de lieux de secours en cas de besoin

[+] On apprend à s’adapter beaucoup facilement à un nouveau millieu

[+] Le jour où le carburant n’est plus disponible, il suffit d’installer proprement le van sur un terrain pour en faire une petite unité autonome, une chambre d’amis …etc

[+] Les vans et fourgons perdent assez peu de valeur avec le temps, ils perdent de la valeur avec le kilométrage, donc il s’agit d’un achat qui peut-être revendu assez rapidement pour avoir accès à du liquide.

[+] Des grosses économies, donc plus d’argent à mettre sur des projets d’avenir ou s’installer sur un terrain après avoir expérimenté ce mode de vie.

[+] Plus petit espace, donc moins de chauffage

[+] Mon van est un L3H2, c’est à dire que j’ai suffisamment d’espace pour stocker du matériel, de la nourritures en quantité raisonnable.

 

[-] La dépendance au diesel, dans un contexte de Pic Pétrolier.

[-] Emission de CO2 + micro particule aujourd’hui

[-] Une situation plus instable, difficile de gérer totalement mon environnement, je prend plus de temps pour répondre à mes besoin

[-] Chaud l’été, froid l’hiver.

[-] Attention aux vols, si on part avec le van, on part avec toutes vos affaires.

[-] La cuve d’eau propre n’est pas forcément recommandé à boire, donc un petit jerrican à coté et des bouteilles d’eau en plastique (probablement un futur projet)

[-] Dépendant de l’extérieur pour mon matériels électrique

[-] Dépendant des marchés / super-marchés pour me nourrir

[-] Difficile de se lier d’amitié et d’échanger avec des voisins stable.

[-] Dépendants aux infrastructure public

[-] Un peu moins évident d’avoir une adresse postale ou d’être livré (chez les parents …etc)

[-] En cas d’accident, c’est notre maison qui est détruite ou abîmé.

Le bilan

Oui, c’est probablement moins écolo que certains mode de vie. Oui, c’est probablement moins résilient que certains mode de vie.

Pour l’instant, ce n’est pas parfait, sachant qu’il faudrait qu’on se limite chacun à 2T eqCO2 / an, avec les 1,7T de la consommation de carburant, plus 1.5 tonne de CO2 par an pour les services public, on est loin des 2°C des accords de Paris sur le climat. Par contre, il peut être intéressant de passer 2-3 ans en van, pour économiser un capital pour acheter un terrain fixe, se former un réseau, acquérir de nouvelles compétences sans « trop » polluer et c’est même mieux qu’un mode de vie d’un salarié de base (en fonction de la composition de votre famille, femme et enfants). 

En fonction de là où on se trouve, et en fonction de nos objectifs, il est aussi fortement possible que ce soit une très bonne idée pour vous et pour le monde vivant sur cette planète.

 

Quelques idées :

1) Se demander sincèrement ce que l’on veut VRAIMENT dans la vie

2) Faire le tri entre le nécessaire et le facultatif pour atteindre cet objectif

3) Faire le tri entre ce qui dépend de nous de ce qui ne dépend pas de nous

4) Faire du mieux que l’on peut.

5) Surtout éviter de se comparer trop souvent aux autres, comparez-vous à qui vous étiez hier. Ne jamais perdre de l’énergie à donner des leçons, mais juste s’occuper de faire ce qui est juste en notre âme et conscience.

 

  • 26 juin 2020

Cet article a 3 commentaires

  1. Bonjour,
    Intéressant, avec de la matière à réflexion pour mon projet.
    Merci et bonne continuation.
    AB

  2. Bonjour, un L3H2 qui consomme 8l/100km? Jveux bien le nom du modèle et l’année ? Merci !!

    1. Renault Master 2, de 2007.
      Il a du mal dans les montées, mais sinon c’est super.

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