Pouvoir décrire et comprendre un problème est une étape indispensable à sa résolution. C’est-à-dire qu’il faut se concentrer sur la question, le problème, avant de rechercher une solution.
Nous avons déjà vu « C’est quoi l’écologie ?« , voyons donc ensemble, « C’est quoi la Collapsologie ? ».

Ce mot, « Collapsologie », fait du bien par son existence même. Le fait de le nommer permet de ne plus se sentir seul, anormal ou pessimiste. Il touche un public assez large et très varié. Il rassemble sous un seul mot un grand nombre de sujets d’études, d’attentes, d’appréhensions, de philosophies et d’intuitions.

 

D’où provient le mot ?

La notion d’effondrement existe depuis bien longtemps. Le mot « Collapsologie » en lui-même a été introduit par Pablo Servigne et Raphael Stevens à travers le livre « Comment tout PEUT s’effondrer ? » (2015)

> Si on prend la définition de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, (les créateurs du mot), la Collapsologie c’est :

« L’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle, et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition, et sur des travaux scientifiques reconnus. »

> Si on prend la définition d’un « effondrement » d’Yves Cochet :

« Le processus à l’issue duquel les besoins de base ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi »

Les premières théories proviennent du rapport du Club de Rome en 1972, un livre nommé les « limites à la croissance »,  c’est-à-dire « une croissance infinie dans un monde fini est impossible ». Cela ne parlait même pas de climat ou de gaz à effet de serre à l’époque. Il s’agit en fait de plusieurs modèles mathématiques, reprenant les fonctionnements du monde et qui représentaient un effondrement pour 2030.

Le problème du modèle « World3 » qu’ils ont produit, c’est que ça va faire bientôt 50 ans que le modèle est critiqué. Notre problème à tous, c’est que ça va faire bientôt 50 ans que personne n’a été foutu d’invalider ce modèle.

 

L’effondrement selon Dennis Meadows (un des principaux auteurs du rapport) :

Par effondrement, il faut entendre une chute combinée et rapide de la population, des ressources, et de la production alimentaire et industrielle par tête.

Causes

La Collapsologie, pour moi, c’est ça :

Quand on parle d’effondrement, ce que je vois, c’est une chute démographique, des morts, une baisse drastique de la qualité de vie, de la souffrance, et de la difficulté d’accès à une énergie peu chère, un déclin.
C’est la destruction de la base sur laquelle notre société repose, des ressources, une biodiversité, un territoire, des êtres humains, des connaissances et des outils.
C’est aussi des déplacements de populations forcés à cause de zones devenues inhabitables.
Et enfin, les « verrous » , c’est ce qui fait qu’on ne quittera pas ce scénario, même avec toute la bonne volonté du monde.

 

C’est tout ça.

 

On parle d’ « effondrement de la civilisation thermo-industrielle« , mais surtout on parle d’effondrementS, au pluriel.

Plusieurs « effondrements » ont déjà commencé, partout dans le monde, et même en France

Si on prend les exemples concrets qui ont déjà eu lieu dans les dernières décennies, comme : Cuba, Venezuela, Liban, Grèce, Des villes comme Détroit …etc

Si on prend des crises mondiales qui ont eu lieu durant ce siècle : Comme le coronavirus, mais aussi le pic pétrolier, des crises économiques qui se multiplient comme en 2008.

 

Ma définition :

L’effondrement, c’est un escalier, une crise à la fois, mais la destination reste toujours la même, un déclin de civilisation, volontaire ou non. Les prix qui vont augmenter, de l’immobilier à l’alimentation, rendant inaccessible une partie du marché à une partie de la population, la forçant à s’adapter ou à se déplacer.

C’est une société globalisée atteinte de cancer en phase terminale. Il est possible qu’elle tienne un peu plus longtemps que prévu, mais le pronostic ne changera pas. Il s’agit de notre génération, notre présent.

La Collapsologie, ce n’est pas :

1 – Ce n’est pas de la politique, mais c’est un constat qui invite à prendre des engagements et des décisions politiques. Ce n’est pas un parti.
2 – Ce n’est pas un souhait. Certains en viennent à souhaiter un effondrement, afin de purger une société malade et surtout afin de se prouver à soi-même que les choix et les souffrances vécus n’étaient pas une erreur, et que l’on est « sain d’esprit ». Il est important de comprendre que ce n’est pas le cas de la majorité et surtout que ce n’est pas forcément un souhait, c’est une émotion qui va et qui vient.
3 – Ce n’est pas un choix, on n’évitera pas ces effondrements, mais on peut s’y adapter. Il faut séparer ce qui dépend de nous de ce qui ne dépend pas de nous.
4 – Ce n’est pas un événement unique, du jour au lendemain.
5 – Ce n’est pas du survivalisme. Des « Collapsos » peuvent être survivalistes, et inversement et les 2 en même temps. Mais….! Le survivaliste se concentre sur des outils, des connaissances et un petit groupe pour préparer sa vie (et non pas sa survie). Le Collapso, pense en terme de collectif, de société, d’interactions et de réseaux. C’est une recherche d’autonomie (et non pas d’autarcie) et de communautés résilientes
6 – Ce n’est pas « Demain », un bon nombre d’effondrements a déjà eu lieu, et d’autres sont en cours. « Le pire n’est pas certain », c’est une position d’occidental en sécurité et qui garde la tête dans le sable.

7 – Ce n’est pas être pessimiste. Ce n’est pas une opposition pessimiste/optimiste, c’est un duo optimiste et réaliste. Si nous n’étions pas un minimum optimistes, nous nous serions probablement déjà pendus avec tout ce qu’on peut voir aujourd’hui.

8 – Ce n’est pas juste le climat et le changement climatique. Le climat est un symptôme d’une recherche de croissance infinie dans un monde fini, c’est une conséquence. Ce n’est donc pas là « l’unique » problème et ce n’est pas non plus la source de notre problème.
9 – Ce n’est pas l’anarchie, c’est réfléchir à d’autres modèles de gouvernance et recréer des modes de prises de décisions.
10 – Ce n’est pas démobilisant, décourageant, repoussant, désengageant. Pour certains, c’est au contraire le coup de fouet nécessaire pour passer à l’action. C’est mon cas par exemple. Le niveau d’engagement des Collapso est bien supérieur à la moyenne en pratique.

Pourquoi ça s’effondrerait ? Des chiffres, des arguments.

Tous les systèmes ont fini par être reliés grâce à la mondialisation, les chaines logistiques sont devenues très efficaces, mais le flux tendu rend la totalité du système instable et peu résilient en général.
Exemple: Une crise agricole en Russie, peut maintenant avoir un impact social au Moyen-Orient (2010).

Par où cela pourrait commencer ? 

  1. Énergie / Pétrole (Fin d’une énergie accessible et peu chère)
  2. Terres rares / Minerais (Pénuries de ressources)
  3. Dérèglement climatique (T°C et Chaotique / Extrême)
  4. Érosion des sols arables (Baisses des rendements agricole)
  5. Biodiversité, (destruction de la chaîne alimentaire naturelle et des espaces sauvages)
  6. Bulles Financières et création monétaire (Hyper-Inflation)
  7. Acidification des océans (O2, biodiversité et alimentation)
  8. Immigration de masse (conflits, extrême pauvreté, montées des eaux et submersions des villes côtières)
  9. Fonte du pergélisol (permafrost) et boucles de rétro-action
  10. Guerres civiles dues aux inégalités (ex: inflation, dettes, fraudes, taxes)
  11. Déforestation (ne capte plus assez de CO2)
  12. Nucléaire vieillissant et accidents
  13. Pollutions des sols, des sous-sols, de l’air, des mers et océans
  14. Fonte des glaciers et accès à l’eau douce (2 milliards d’individus qui en dépendent)
  15. Épuisement des nappes phréatiques et accès à l’eau douce
  16. Surpopulation / Sur-consommation (pollutions, artificialisation des sols et inondations)
  17. Pandémies et dépendance à la médecine d’un autre pays (souche résistante & antibiotiques, …etc)

Et maintenant, je fais quoi ?

Conclusion :

Aujourd’hui, la Collapsologie est un outil. Parce que tout est lié, c’est-à-dire que chaque spécialité a sa part de responsabilité, on peut faire venir n’importe qui sur la Collapsologie. Même si c’est souvent au prix d’un traumatisme, plus ou moins fort selon les personnes.

On peut enfin tous sortir avec un socle critique commun et travailler de diverses façons mais dans un but commun.

Par contre, c’est une épée à double tranchant dans le sens où des gens formidables peuvent rester bloqués sur le constat, finissant par ne faire qu’accumuler et jamais agir.

La Collapsologie contient aussi cette seconde partie, que certains ont oublié. Cette seconde partie, c’est la remontée de la courbe du deuil, passer du problème au challenge, du mur à la marche d’escalier.

Et de là on peut travailler, ensemble.

Aujourd’hui, on ne cherche plus à être durable, à casser moins vite, on prépare le choc, et on cherche des solutions pour régénérer le système. On recherche la résilience, puis la renaissance.

A quoi cela ressemblerait ?

  • 13 septembre 2020

Laisser un commentaire

Fermer le menu
×
×

Panier